Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /2008 19:52

Ainsi donc, Nicolas Sarkozy, qui passe, jusqu'à ce jour, pour être le chef de l'Etat français le plus impopulaire de toute la 5e République, a quand même réussi à faire passer sa fameuse révision de la constitution. Cet événement a toutes les chances d'être considéré comme le fait majeur qui aura couronné l'essentiel de son action à l'Elysée, celle-ci dût-elle s'étendre dans une période couvrant deux mandats.

En effet, pour chaque président de la République française, la réforme constitutionnelle est toujours restée un espoir ardent, à peine dissimulé. Pompidou y avait mine de rien, sérieusement pensé. Giscard d'Estaing n' y avait jamais été tout à fait incompatible ou insensible. Aidé de Jospin surtout, François Mitterrand avait bien voulu faire de la révision  de la constitution le suprême coup de grâce asséné violemment à tous ces hommes de la Droite française qui l'avaient précédé à l'Elysée et donc certains, De Gaulle et Giscard d'Estaing en tête, avaient parfois cherché à l'humilier.

Mais, ni les uns, ni les autres, n'avaient eu le courage de franchir le Rubicon. Les uns après les autres, ils y ont tous renoncé. Car, quelle que fût leur popularité avérée ou supposée, ils ont eu peur, à la fin,  de cette barre fatidique, jugée placée trop haut, que représente cette fameuse majorité des 3/5 des votes favorables, sans l'obtention de laquelle la réforme proposée est automatiquement rejetée…Mais fidèle à sa manière habituelle de faire et selon sa devise qui semble être : " tenter, oser, entreprendre, agir… " Sarkozy, lui, ne s'est guère posé de questions ; il a foncé, tête baisée, à tous ses risques et périls. Les sondages étaient loin d'être rassurants. En face de lui, en revanche, les mains qui se levaient n'étaient ni pour saluer, ni pour applaudir, mais, pour frapper ; les bouches qui s'ouvraient ne disaient ni louanges, ni encouragements ; au contraire, elles criaient vengeance et hurlaient des insanités…A la fin, un joli coup de poker qui a remporté le plus gros gain escompté : l'adoption de la réforme constitutionnelle. Cela n'a pas été un plébiscite. On en était très loin, puisque c'est une seule petite voix qui a assuré la majorité requise. Une seule voix qui est devenue une voix mémorable qui a remodelé le visage même de l'histoire de la France contemporaine.

Pendant ce temps, en bandes dispersées et querelleuses, les autres, je parle des socialistes et de leurs alliés n'ont pratiquement plus que leurs beaux yeux pour pleurer, que leurs vains discours pour se nourrir d'un peu de consolation, que leur agitation congénitale et stérile pour laisser croire qu'ils n'ont pas trop accusé le coup. Simples apparences trompeuses. Les socialistes boivent, avec cette constitution reformée, leur coupe jusqu'à la lie. C'est la pire chose qui pouvait leur arriver, après qu'ils ont montré trop de suffisance, quand Sarkozy les courtisait et cherchait à les convaincre du bien fondé de la réforme.

Mauvais perdants, les Socialistes s'en prennent à Jack Lang, qui a voté pour la réforme. Pourquoi ne rappellent-ils pas que sept députés Ump ont aussi voté contre ? Lang a assumé son idéal de liberté. La défaite aurait-elle fait oublier aux Socialistes que leurs ancêtres ont pris la Bastille et décapité Louis XVI, pour que tous les Français soient des citoyens libres et égaux ?

Par Cyrille TCHAMBA
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Mardi 22 juillet 2008 2 22 /07 /2008 09:25

Voici les principaux points de la réforme des institutions adoptée lundi par les parlementaires réunis en congrès à Versailles.

PRÉSIDENT DEVANT LE PARLEMENT
Le chef de l'État peut s'exprimer devant le Parlement réuni en congrès. Débat ensuite sans vote en dehors de sa présence. Aucune périodicité prévue.
MANDAT PRÉSIDENTIEL
Pas plus de deux consécutifs.

PLEINS POUVOIRS
Saisine possible du Conseil constitutionnel par les parlementaires après 30 jours, puis autosaisine un mois plus tard.

DROIT DE GRÂCE
Disparition du droit de grâce collectif.

LANGUES RÉGIONALES
Reconnaissance de l'appartenance des langues régionales au patrimoine de la Nation.

MÉDIAS
L'indépendance, le pluralisme et la liberté des médias sont garantis par la loi.

PARITÉ
La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux responsabilités professionnelles et sociales.

MINORITÉ
La loi garantit les expressions pluralistes des opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la vie démocratique de la Nation.

GOUVERNEMENT
Les ministres issus du Parlement retrouvent automatiquement leur siège en cas de démission ou renvoi.

POUVOIRS DU PARLEMENT
- l'examen des projets et propositions de loi, sauf budget, porte en séance sur le texte adopté par la Commission ;
- "une séance au moins" de questions au gouvernement par semaine, y compris durant les sessions extraordinaires ;
- chaque assemblée maîtrise la moitié de son ordre du jour ;
- "Un jour de séance par mois", ordre du jour fixé par l'opposition ;
- veto du Parlement (majorité des 3/5es en commission) sur les nominations les plus importantes du chef de l'État ;
- commissions permanentes portées de 6 à 8 dans chaque assemblée ;
- recours à l'article 49-3 (adoption sans vote) limité aux budgets de l'État, de la Sécu et à "un autre texte par session" ;
- lorsque l'exécutif engage les forces armées à l'étranger, il en informe le Parlement dans les trois jours. Au-delà de 4 mois, la prolongation est autorisée par un vote ;
- les assemblées votent des résolutions ou des déclarations qui n'ont pas de force contraignante ;
- le président d'une assemblée peut déclarer irrecevable un amendement ;
- les propositions de loi sont soumises pour avis au Conseil d'État ;
- la Cour des comptes assiste le Parlement dans le contrôle de l'action du gouvernement.

REPRÉSENTATION ÉLECTORALE
- les Français de l'étranger sont représentés par des députés comme par des sénateurs ;
- 577 députés (inchangé) et 348 sénateurs (contre 331).

ADHÉSION À L'UE
Ratification par référendum sauf si une majorité des 3/5es, dans chaque assemblée, saisit le président qui peut opter soit pour le référendum soit pour une ratification parlementaire à la majorité des 3/5es.

DÉFENSEUR DES DROITS
Nommé pour 6 ans par le chef de l'État, il recueillera les "réclamations" des personnes s'estimant lésées par un service public.

EXCEPTION D'INCONSTITUTIONNALITÉ
Tout citoyen peut saisir le Conseil constitutionnel à travers le filtre du Conseil d'État et de la Cour de cassation.

RÉFÉRENDUM D'INITIATIVE POPULAIRE
Un référendum peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenu par un dixième des électeurs.

CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA MAGISTRATURE (CSM)
Il n'est plus présidé par le président de la République. Les formations du siège et du parquet restent composées à parité de magistrats et de non-magistrats lorsqu'elles siègent en matière disciplinaire.

Par Cyrille TCHAMBA
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Lundi 30 juin 2008 1 30 /06 /2008 13:42

 

L’autre jour devisant autour d'un verre de bon vin chilien, mon interlocuteur de la circonstance, un africain bien au fait des évènements sur le continent me faisait part de sa déception d’entendre un certain nombre de Présidents des pays d’Afrique notamment australe intervenir  sur la situation au Zimbabwe de manière plus que molle. Ce vaillant Monsieur, plutôt rangé sur les points de vue occidentaux tentait de commenter avec opiniâtreté les actions que menaient l’opposition zimbabwéenne et les conséquences stratégiques qu'espérait le leader de l’opposition Morgan Tsangirai en se retirant de la course à l'élection présidentielle. Il s’agit pour l’opposition de réussir à rendre illégitime l’élection de Robert Mugabé à la tête du pays et de d’obliger les pays étrangers, africains et occidentaux à intervenir dans la crise et d'exhorter fortement le Président « mal élu » à dialoguer avec ses opposants.

 

L’autre jour devisant autour d'un verre de bon vin chilien, mon interlocuteur de la circonstance, un africain bien au fait des évènements sur le continent me faisait part de sa déception d’entendre un certain nombre de Présidents des pays d’Afrique notamment australe intervenir  sur la situation au Zimbabwe de manière plus que molle. Ce vaillant Monsieur, plutôt rangé sur les points de vue occidentaux tentait de commenter avec opiniâtreté les actions que menaient l’opposition zimbabwéenne et les conséquences stratégiques qu'espérait le leader de l’opposition Morgan Tsangirai en se retirant de la course à l'élection présidentielle. Il s’agit pour l’opposition de réussir à rendre illégitime l’élection de Robert Mugabé à la tête du pays et de d’obliger les pays étrangers, africains et occidentaux à intervenir dans la crise et d'exhorter fortement le Président « mal élu » à dialoguer avec ses opposants.

L’autre jour devisant autour d'un verre de bon vin chilien, mon interlocuteur de la circonstance, un africain bien au fait des évènements sur le continent me faisait part de sa déception d’entendre un certain nombre de Présidents des pays d’Afrique notamment australe intervenir  sur la situation au Zimbabwe de manière plus que molle. Ce vaillant Monsieur, plutôt rangé sur les points de vue occidentaux tentait de commenter avec opiniâtreté les actions que menaient l’opposition zimbabwéenne et les conséquences stratégiques qu'espérait le leader de l’opposition Morgan Tsangirai en se retirant de la course à l'élection présidentielle. Il s’agit pour l’opposition de réussir à rendre illégitime l’élection de Robert Mugabé à la tête du pays et de d’obliger les pays étrangers, africains et occidentaux à intervenir dans la crise et d'exhorter fortement le Président « mal élu » à dialoguer avec ses opposants.

 

 

N’étant pas un fin connaisseur de l’histoire du Zimbabwe et de manière générale de cette partie sud du continent, je me suis laissé à quelques interrogations, globales et  simples sur l’Afrique, qui mettent en surbrillance l’étrange paradoxe de la politique en Afrique et plus généralement de la vie politique.

 

L’autocrate zimbabwéen est au pourvoir depuis déjà de longues années et à part ces dernières années, aucuns pays occidental ne semblait se préoccuper des crime et déni de démocratie donc le régime de Mugabé se rends coupable depuis des décennies. On parle de cet homme à la moustache mode hitlérienne qui persécute et nationalise les fermes appartenant aux blancs. Un raciste donc qui a décidé de nuire à des zimbabwéens comme lui au seul prétexte qu’ils sont blancs et descendant de colons qui n'ont jamais respectés les accords passés au moment de l'indépendance. L’opinion internationale s’en était mêlé et a essayé de freiner notre petit « Hitler africain », car même pour des raisons aussi pertinentes que rétablissement de la justices pour la terre, on ne doit pas utiliser la force pour rétablir la vérité. Par contre un certains nombres de questions se posent :

 

-         aujourd’hui les pays du Nord semblent révoltés contre ce simulacre de démocratie au Zimbabwe, pourtant chaque année sur le vieux continent, ce sont plusieurs élections qui se déroulent dans des conditions à peu près similaires. Le Cameroun, le Togo, le Congo et d'autres pays dans lesquels non seulement les libertés des citoyens sont bafouées au quotidien, mais où ils n’existe aucun organisme indépendant du contrôle des élections. Que dire des persécutions dont sont victimes les opposants ? pour ces différents pays, quelles sont les réactions des puissances étrangères ? Est-ce par ce qu’au Zimbabwe, Mugabé à toucher aux intérêts de quelques « Caucasiens » que le monde se réveille pour condamner, à juste titre d’ailleurs, ses agissements ?

 

-         les pays africains dans ce conflits semblent bien dans l’embarra, car si chacun reconnaît la nécessité de condamner les actes posés par ce dictateur, il est difficile pour des chefs d’Etat eux même très anti-démocratique de condamner leur collègue. Quelle situation hilarante que d’entendre le Président Bongo s’exprimer pour demander à son homologue Mugabé de respecter les règles démocratiques dans son pays alors que les gabonais en sont résignés au point d’attendre que la mort les débarrasse du célèbre « Eladj » la terreur des  Ministres français. La question est donc de savoir quel Union Africaine, puisqu’elle est constituée de ces même Présidents qui ont volés des élections, condamnera cette élection truquée et proposera des sanctions et surtout des solutions concrètes ? 

 

-         l’opposition refuse les élections et en appelle à la communauté international pour tenter trouver une solution par la médiation. Ici encore, on est curieux de savoir comment cela se passera, car tous les sacrifices des zimbabwéens ne doivent surtout pas se résumer à une négociation qui aboutirait aux résultats tout aussi catastrophiques que ceux du Kenya. Les populations se sacrifient pour un vrai changement en profondeur et non pour que les leaders de l’opposition aillent négocier des « queues de cerises » ministérielles dont on sait pertinemment que dans notre Afrique ils n’auront aucun pouvoir pour apporter le changement et se contenteront de piller le pays comme la clique de brigands au pouvoir qu’ils accusaient hier. Finalement dans ce contexte africain ou les oppositions n’aboutissent à presque rien, comment donc les peuples peuvent faire valoir leurs choix ? on conteste, les mêmes restent et on finit par accepter de vulgaires postes de Premier Ministre au Kenya ou de fanfarons titres Vice-Président en République Démocratique du Congo et bientôt peut être un titre tout aussi inutile pour Morgan Tsangirai ?

Enfin, les questions foisonnent tant le continent est riche et à mon grand désarrois, les réponses sont rares. Il est à reconnaître que l’Afrique dans sa configuration actuelle est difficile à cerner. Les enjeux dans chaque pays sont autant politiques, économiques que sociaux. Mais l’histoire des peuples dans ce grand ensemble reste certainement la source initiale dans laquelle les africains d’aujourd’hui trouverons les réponses nécessaires à sa construction identitaire. Le choix par le vote d’un homme pour diriger un pays, un peuple est certainement une des libertés fondamentale de toute véritable démocratie, cependant au vue de la tournure que prennent les évènements aux Zimbabwe et de mon attachement irréversible à la paix des peuples et entre les peuples, je me demande vraiment si la position de l’occident qui rejoins aussi celle de l’opposition zimbabwéenne n’est finalement pas la meilleure de toute ? donc d’accepter le propos du Président Jacques Chirac et de se demander en toute lucidité si la démocratie n’est elle pas finalement un luxe pour l’Afrique ?

 

 

 

Par Cyrille TCHAMBA
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Jeudi 19 juin 2008 4 19 /06 /2008 09:10

L'Europe va se doter de normes communes pour le renvoi des sans-papiers, à la suite d'un vote au Parlement européen qui a soulevé une tempête de protestations de la gauche et des ONG qui y voient une "directive de la honte". La "directive retour", résultat d'un compromis inédit en matière d'immigration entre les négociateurs du Parlement et les 27 États membres, a été approuvée par 367 voix contre 206 et 109 abstentions. Conservateurs, libéraux et eurosceptiques ont fait alliance face à des socialistes divisés.

Cette loi européenne, qui devra être transposée dans les pays membres d'ici deux ans, vise en priorité à faciliter les départs volontaires des étrangers en situation irrégulière dans l'UE. Elle risque donc d'entraîner une belle foire d'empoigne au Parlement français.

Rétention de 18 mois maximum, réadmission interdite pendant 5 ans, possibilité d'expulser les mineurs sont les points les plus controversés de la "directive retour". Revue de détail des points litigieux de la directive.

Pays de retour : Le texte pose le principe du "retour" de tout clandestin en situation irrégulière (les demandeurs d'asile ne sont pas concernés), soit vers son pays d'origine, soit vers un pays de transit avec lequel des accords ont été passés, soit vers un autre pays où il décide de son plein gré de retourner, pourvu qu'il y soit admis.

Retour volontaire : Le sans-papiers se voit prioritairement accorder un délai allant de 7 à 30 jours pour son "retour volontaire", qui peut être allongé d'une durée "appropriée" en fonction des circonstances (enfants scolarisés, autres liens familiaux et sociaux, etc.).

La rétention : Elle est décidée en cas de "risque de fuite" ou si le sans-papiers refuse son expulsion. Le texte garantit notamment aux ONG l'accès aux centres de rétention, la possibilité de recours effectif contre les décisions d'expulsion, et le droit du sans-papiers à l'assistance juridique.

Durée de rétention : La durée maximale de rétention est de six mois, mais peut être prolongée jusqu'à 18 mois en cas de "manque de coopération" du sans-papiers ou de retards pour obtenir des pays tiers les documents nécessaires. Au-delà des 18 mois, lorsqu'il apparaît que l'expulsion n'est pas possible, le sans-papiers est remis en liberté. Actuellement, la durée de rétention est illimitée dans sept pays européens (Danemark, Estonie, Finlande, Lituanie, Pays-Bas, Royaume-Uni). Les pays aux dispositions plus favorables comme la
France (32 jours de durée maximale) ne seront pas obligés de s'aligner. En Allemagne, elle est déjà fixée à 18 mois. Mais le texte ne changera rien aux législations en vigueur en Irlande, au Royaume-Uni, ainsi qu'au Danemark, ces trois États bénéficiant d'exemptions dans le domaine de la justice et des affaires intérieures.

Interdiction d'entrée : Une expulsion est suivie d'une interdiction d'entrée de 5 ans maximum, voire plus en cas de "menace grave" pour l'ordre et la sécurité.

Mineurs et familles : Les mineurs non accompagnés et les familles avec mineurs sont placés en rétention "en dernier ressort". Le texte garantit également "l'accès à l'éducation" des mineurs et la demande aux États membres de prendre en compte "l'intérêt supérieur de l'enfant". Mais il autorise l'expulsion de mineurs non accompagnés vers des pays où ils n'ont ni tuteur ni famille, pourvu qu'il y ait sur place des "structures d'accueil adéquates".


TEXTE PARU DANS L'HEBDOMADAIRE LE POINT

Par Cyrille TCHAMBA
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Jeudi 12 juin 2008 4 12 /06 /2008 14:01

Chers amis, je n’ai pas resiste a partager avec vous ce texte  paru dans le tri-hebdomadaire le messager.

 

La chronique de Marie Louise Eteki-Otabela


C’est une grande sœur qui me disait l’autre soir que Condoleeza Rice aura contribué plus à la victoire de Barack Obama que …Oprah Winfrey ! Petite femme noire, les dents en avant, parcourant l’univers au pas militaire, elle aura habitué la Terre entière à l’image du Noir compétent, aux affaires du monde. Je ne sais quels gains, elle a arraché au profit de la Maison Blanche des Bush (père et fils, cela n’a gêné personne autant que le projet Clinton et Clinton bis…) mais, elle parlait de la paix. De Toussaint Louverture à Gaël Monfils en passant par l’Oncle Tom, nous n’avons pas arrêté d’accoucher de cette autre façon d’être humain. C’est une embellie.

Toussaint Louverture premier président Noir
Demandez donc au premier passant aujourd’hui, c’était dans quel pays ce président ? Dans le meilleur des cas, on vous répondra : ce n’est pas celui qui a combattu Napoléon Bonaparte ? Mais oui ! Non seulement il a vaincu l’Empereur des Français, mais il a été le premier président Noir dans l’histoire de l’Humanité et ça se passait dans un pays nommé Haïti… Plus d’un siècle après, ce pays n’est toujours pas indépendant et encore moins démocratique ! Malédiction de Cham, nous a-t-on dit. On a connu celle-là aussi: la Bible, le livre de tous les fondamentaux de la civilisation judéo-chrétienne nous assigne une place de maudits ! Mais qu’est-ce que nous avons fait à leur bon Dieu pour mériter pareil destin ?
On aurait vu le père en mauvaise posture : lui aussi, il n’avait qu’à mieux se tenir…Une société qui n’a plus de tenue, plus de valeurs, ça ne peut pas bien se passer ni durer. Alors nous avons vendu nos frères comme de la marchandise, contre de la camelote. Ils disaient que c’était pour nous « civiliser ». Le missionnaire en tête, suivi de près par l’administrateur des colonies : ils nous ont dépecés jusqu’à la moelle, nous laissant un os au travers du nez. Pas étonnant que ce dernier s’est épaté jusqu’à bloquer définitivement un sourire à toute épreuve.
Eh bien dansez maintenant ! Vous avez voulu votre indépendance ? Voilà, vous l’avez. Et nous avons dansé, les bananes autour des reins ; et nous avons chanté, le balai entre les mains : et Giscard d’Estaing nous reçut au Palais de l’Elysée…au petit déjeuner : nous étions éboueurs !
Alors il y a eu cette femme, elle s’appelait Calixte ; qui a dit : on ne peut pas continuer comme ça : des siècles que nous vivons ensemble et à peine un immortel ? Je veux ma médaille si non je casse tout ! C’est parti des banlieues : ils nous avaient parqués-là, en réserve non pas de la république mais pour touristes en mal d’exotisme ! Puis ils ont marché sur Paris. Sarkozy a commencé par dresser des barricades, histoire de limiter le tsunami mais c’était sans compter avec la déferlante marée noire. Heureusement, il a eu l’idée de réinstaller Auswichz sur Seine. Il en crama donc quelques uns, fut félicité par Le Pen et devint président de tous les Français y compris ceux d’origine africaine: certains rentrèrent même dans son Gouvernement !

A chacun son Oncle
De l’autre côté de l’océan, l’Oncle Tom venait de sortir tout droit des champs de coton, nous n’avons plus pendant des décennies eu droit qu’à ce riz au long grain : l’incollable oncle Ben ! Pendant qu’eux héritaient de l’oncle Sam d’Amérique, nous, nous devions nous contenter de l’international prolétarien. Le pétrole pompé de la terre de nos ancêtres participait de l’antique malédiction. Plus on en avait plus les petits Biafrais proliféraient : onchocercose, mouche tsé tsé, ton-ton mak-out, toutes ces bestioles tropicales ne suffisaient plus à limiter nos naissances. Il fallait quelque chose de radicale sinon, le monde, le leur évidemment, courrait à la catastrophe : alors ils cogitèrent pendant des décennies et au bout de quelques nuées de fumées, l’arme fatale fît son apparition .Ils lui donnèrent un nom encore plus compliqué que les nôtres : Virus de l’Immunodéficience Humain, Sida, une arme de destruction massive pire que celle qui détruisirent l’Irak.
Sous prétexte que deux tours, probablement mal construites : (ils n’ont pas les pyramides en héritage) comme cela se passe souvent chez nous, avec les feys-men et les marchés fictifs…) se sont effondrées au centre de leur quartiers d’ affaires, ils ont été jusqu’à obliger ce pauvre Popaul à déclarer une guerre à l’autre bout du monde, en lui faisant croire qu’il présidait leur Conseil de sécurité, une organisation pire que les missiles à tête chercheuse. Quand il s’agit de trouver des dictateurs africains, il n’y a pas pire que Mugabe parce qu’il a eu le malheur d’exiger ses terres (qui ne sont même plus fertiles), en guise de cadeau d’adieu pour son peuple !
Heureusement, il y a eu un jour cette femme qui a signé l’indien dans un bus là-bas, en disant trop c’est trop : je ne descends pas ! Je ne reste pas à ma place ! Si vous croyez que c’est une vie ça de n’avoir sa place nulle part dans le monde. D’ailleurs ils ont failli m’embarquer à Kondengui l’autre jour : dans un bus foireux, avec pare-brise cassé et climatisation approximatif, parce que j’ai demandé qu’on m’explique pourquoi 50 ans après, on nous traite comme sous le « terrorisme »…Et là croyez-moi, il n’y a eu aucun Martin Luther King pour rêver pour nous : silence et rires verts dans tout le bus ! C’est moi qui dérangeais à poser des questions aux agents en camouflé et en charge de notre sécurité…

Monfils, sauvé des eaux
ça me rappelle l’histoire de ce « mec » que sa mère a dû cacher pendant des jours, sur l’eau pour qu’il échappe au courroux du roi exterminator…Galilée au Cameroun ? Là sous nos yeux à l’ère de hyper communication peopolisée, voilà que le monde découvre un champion dans l’arène. C’est qu’il est Noir, Français d’origine africaine, comme ils disent. Malgré son génie, malgré ses exploits, malgré son rêve et sa hargne d’être champion, la France de Sarkozy ne voulait pas voir Gaël Monfils, ne pouvait pas le dénicher : planqué dans les courts de banlieues, parqué dans le monde de l’infamie… probablement, caché par sa mère comme un trésor.
Comment font-ils pour ne pas nous voir ? Dans leurs négriers au long cours, c’étaient nous. Dans leurs champs de coton, c’était nous. Dans leurs plantations de cacao, ce fût nous. Dans leurs équipes de football, c’est encore nous. Dans leurs prisons, dans leurs Eglises, nous, toujours nous ! Ils prétendent qu’il y a eu six millions de tués dans les camps de concentration : ils oublient qu’ils ont là sous les yeux tout un Continent transformé en camps de concentration depuis des siècles mais ils ne nous voient pas ; parce qu’ils ne veulent pas nous voir. Obama a dû faire tout une campagne sans dire qu’il est Noir ! Il devait pour qu’ils l’acceptent dans leur monde, se renier : expliquer pourquoi, il portait un « boubou » africain ! Mais qui ce qui nous les a collés ces boubous comme notre vêtement traditionnel ! Le Boubou, c’est bon pour nous : pas pour un futur président américain…
Alors il y a eu cette femme avec son histoire d’Assemblée du Peuple, avec sa pétition. Elle disait qu’elle voulait qu’une fois, juste une seule fois, par les imprévisibles hasards de l’amitié… Vous allez dire que je me répète. N’oubliez-pas d’aller signer cette pétition, sur le net ou chez moi, vous savez où la trouver. Même le fameux mythe de Sisyphe, ils ont été jusqu’à l’écrire à l’envers : vous voyez bien que devant chaque homme, il y a toujours une femme : et c’est elle qui joue les mères porteuses. Il a fallu qu’Hillary accouche d’Obama !

 

Par Cyrille TCHAMBA
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