Jeudi 27 mars 2008 4 27 /03 /2008 14:09

  CAMEROUN_biya_vote_20041011.jpg  En affamant délibérément les Camerounais et en voulant s’accrocher au pouvoir jusqu’à la mort, le président ne respecte rien du contrat moral qui le lie à son pays.

 

Je partage l'ensemble des réserves formulées par quelques «hommes libres», ici et là, sur le plan national ou international, pour dénoncer la violence avec laquelle le pouvoir de Yaoundé a décidé, il y a une semaine, de répliquer aux jeunes qui étaient descendus dans les rues, dans presque une dizaine de villes du Cameroun. Par contre j’avoue ne être surpris par la tournure que prennent les choses au pays ces jours-ci, notamment par la résurgence de discours tribalistes. Je le déplore énergiquement et implore le peuple camerounais tout entier de ne pas tomber dans cette spirale nauséabonde et suicidaire ; de cesser rapidement  ces tentatives division malsaines, ceci dans l’intérêt de tous et pour l’avenir de cette « terre chérie ».

En tant que Bamiléké d’origine, je vis tous les jours, à travers des petites attitudes des réflexions, que certains n'hésitent plus à nous considérer comme des "prédateurs" ou, au mieux, des «envahisseurs». Pourtant de bamiléké, je n'ai plus que le patronyme. Née à Ngola, j'en ai adopté ce qu’on peut considérer comme en étant le «mode de vie» et même cette manière de parler et d'agir qui font souvent croire aux gens que je suis un Béti pure souche. Non pas qu'il y ait un style de vie proprement Béti par opposition à un autre, mais tout simplement par cette manière d’aborder la vie en citadin yaoundéen un peu influencé par le bon Bukutsi ou le Medjang et d’autres aspects de la vie dans cette capitale du pays, que nous aimons tous.

Mon cousin de Douala, lui, n'a également de Bamiléké que le patronyme. Il s’identifie d’ailleurs et se démarque totalement de moi par son style de vie à lui, tenant davantage de la grande cité économique qu'est Douala : son Makossa, son bon Ndolè, son poisson braisé. Je dois aussi préciser que mon caveau familial se trouve plutôt à Mbanga dans le Littoral, et que je vis depuis plus de dix ans en France, avec d’ailleurs la nationalité française. D’où suis-je alors dans ce cas ? De quel «ailleurs» devrais-je me sentir ? je considère pour ma part, et quoi que veuillent en dire ceux qui prônent le chaos dans ce pays, que je suis camerounais tout simplement et que je me sens plus que tout autre personne – en tout cas, à l’égalité des autres, de Yaoundé ; autant que le «natif» de Mvog-Ada ou de Nkoldongo.

Ma « multi-culturalité » n’est pas exception dans ce pays ou plus de 52% de la population vit en ville (quand on prend que, selon la définition officielle, une «ville» est un lieu où vivent, de manière regroupée, plus de 5 000 habitants), principalement à Douala et Yaoundé. On a donc raison de s'interroger sur ces fameux "gens d'ailleurs", dès lors que cet appel est signé par un certain nombre de pontes du régime. Ces fameux "gens d'ailleurs" ne seraient-ils pas tout simplement ce peuple qui meurent de faim et qui, chaque jour, s’enfonce un peu plus dans la pauvreté, avec un avenir vouée aux tréfonds de la misère?

Pour ma part je pense que si. Car il serait aberrant de penser que les problèmes des pouvoir d’achat, de manque de centres de santé ou tout simplement manque d’eau potable, s’arrêtent aux portes de Yaoundé pour ne toucher que certaines types de populations et pas les Béti du Mfoundi. La souffrance est générale et partagée à des ampleur a peu près comparable par tous les camerounais du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest. Ces récentes émeutes ne doivent donc pas être instrumentalisées de manière aussi criminelle, tribale, de sorte à taire les vrais revendications sociales, économiques et politiques qui ont conduit de jeunes camerounais dans la rue ces dernières semaines et qui, quoi qu’on fasse, les s’y entraînera encore si les dirigeants ne réagissent pas efficacement pour remédier à l’immense détresse qu’ils vivent au quotidien de leur lutte pour la survie.

Sur le plan social, je pense n’effleurer qu’une infime partie du malaise. Par contre je crois avoir identifié l’autre enjeu des récents évènements qu’est le refus du peuple d’une autre modification de la Constitution du Cameroun. Énormément de voix se lèvent de parts et d’autres pour dénoncer cette détermination de Paul Biya de modifier la Loi fondamentale en vue de s’éterniser au pouvoir. Toutes sortes de personnalités ont pris la parole pour expliquer, en fonction des domaines de compétences, la nécessité de ne pas parvenir à cette extrémité que rien ne justifie en ce moment, même pas ces mensongers «appels de tout le pays» que l’on instrumentalise dans les médias officiels, pour se faire bonne conscience.

En effet, notre pays vit depuis son indépendance sous une sorte d'équilibre des forces sociales et politiques qui fait qu'au fond de chaque camerounais, le rapport à l'Etat est personnel et personnifié. Avant 1990, le chef de l'état était élu au sein du parti UNC puis RDPC par un sorte de grands électeurs ou encore "membres du comité central" composé de personnalité représentant à peu près toutes les sensibilités du pays. Bien évidemment, à cette époque là, il n'était pas question véritablement de Constitution, même s'il en existait une ; on gérait tranquillement l’affaire...

Dans les années fin 80 début 90, une grande partie du peuple avait exprimé, à travers la vague de revendications et une adhésion importante aux partis d’opposition, le souhait de voir de Cameroun adopter un mode de fonctionnement politique clair et démocratique. De cela on connaît la suite : villes mortes, très courte «victoire» de M. Biya aux élections présidentielles du 22 octobre 1992, etc... Puis, en 1996 le pouvoir de Yaoundé évoque le besoin de modifier de la Constitution de 1972 en expliquant aux populations que l’utilité sera de mettre en place un certain nombre d'institutions (Sénat, Conseil régional etc.) et de limiter le nombre de mandats présidentiel. Les réactions furent vives, notamment par ce qu’il était aussi question d’allonger la durée du mandat de 5 à 7 ans et d’en limiter le nombre à 2. Finalement le pouvoir réussi son « coup ».

Les camerounais avaient compris la modification de constitution et la limitation des mandats présidentiels à deux comme une demande implicite de Paul Biya de lui accorder 14 dernières années à la tête de la nation. Lors de ce débat de 1996, les Camerounais comprenaient non pas limitation du mandat, mais inconsciemment le peuple entendait que Monsieur Biya demandait un dernier prolongement de 2 fois 7 ans, et puis c'est tout.

C'est aussi à cette époque que tout le monde commence à parler de l’héritage de paix créditée au régime du Renouveau, on considérait que malgré toutes nos difficultés quotidiennes on était quand même en paix. En cela le score du RDPC à l’élection présidentielle de 2004 prouve bien que ce fameux « deal » était entendu et accepté par les citoyens. Les populations n’avaient cure de l’opposition puisque ce n’était plus le moment et qu’il fallait, au prix d’énormes sacrifices certes, respecter leur part du « deal » passé en 1996 avec Paul Biya lui même. Dans les chaumières, on se dit : « on souffre mais au moins on a la paix ! En plus bientôt Biya partira et on pourra donc respirer un peu ! »

Les manoeuvres de Biya cette fois-ci sont ressenties comme une haute trahison, car le peuple estime avoir respecté sa part d’engagement et que le « père de la Nation » doit et c’est indispensable, respecter sa part du contrat moral.

Monsieur Biya une fois de plus a trahi ce peuple qui, malgré ces longues années de souffrance, avait décidé de donner ses dernières énergies, taire ses souffrances profondes pour enfin voir le « bout du tunnel » tant attendu et surtout accorder le « Pardon » populaire pour une séparation à l’amiable dans la paix, la concorde et l'unité nationale.

 

Par Cyrille TCHAMBA
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Vendredi 22 février 2008 5 22 /02 /2008 11:02

Il y a quatre ans, en créant Egalité Plus, je souhaitais que les jeunes des quartiers, mais aussi leurs parents, s’engagent dans la vie politique et sociale.

J’estimais que le mouvement associatif, laboratoire de concepts et d’idéaux, ne devait plus se contenter de jouer le rôle de « sonneur d’alarme » ou de « donneur de leçons ». Je pensais qu’il était temps de nous engager concrètement sur le terrain pour défendre nos valeurs.

En quatre ans, dans l’Oise, nous avons su imposer Egalité Plus comme  un vrai partenaire, franc et objectif. Nous sommes devenus un mouvement non plus revendicatif mais constructif et bâtisseur de solutions pour les quartiers.

Nous pouvons nous féliciter de voir aujourd’hui plusieurs membres de notre association intégrer, ici où là, des équipes municipales et être ainsi en situation, demain, de poursuivre, dans des mairies, le travail commencé au sein d’Egalité Plus.

Personnellement, habitant Noyon, j’ai décidé de rejoindre la liste « ENSEMBLE POUR NOYON » conduite par François-Michel Gonnot.

Cette décision, je ne l’ai pas prise par hasard. Elle est le résultat de notre démarche associative mais aussi de l’action et du parcours du député :

L’homme

François-Michel Gonnot est le seul candidat qui me semble avoir pris l’entière mesure de l’énorme travail qui doit être accompli à Noyon pour contribuer à la promotion de la cohésion sociale, et donner une vraie chance à ceux qui en ont besoin. Je reconnais en lui des qualités humaines évidentes, une expérience certaine et des capacités managériales indispensables pour faire sortir Noyon de la crise.

Le projet

J’adhère à son projet. Il est global. Il repose sur une analyse solide de la situation et sur une volonté claire de s’attaquer aux racines de la crise : le chômage, l’isolement de la ville par rapport à son environnement, la pauvreté, l’abandon des quartiers…

En mettant la création d’emplois, les transports publics, la question des quartiers au cœur de son programme, et demain au cœur de l’action municipale, il fait naître un espoir et une confiance nouvelle qui sont une chance formidable pour Noyon et les noyonnais.

L’avenir

Notre ville a eu une histoire politique récente difficile avec le Front National. Ce parti a fait beaucoup de mal dans cette ville. La liste « Ensemble pour Noyon », veut réconcilier les noyonnais entre eux. Elle est ouverte sur la vie associative, la vie économique et sociale. Elle est ouverte sur les quartiers, avec notamment les candidatures du Docteur Rachid Bousfiha, de Bouyagui Doucouré et la mienne. Elle veut en finir avec les querelles du passé. Je pense aussi qu’elle est une chance de fonder de nouveaux liens et de lancer un grand chantier d’humanité et de tolérance.

Noyon en a besoin, car il est aujourd’hui crucial que la diversité et la multi-culturalité de sa population deviennent non plus des « handicaps » mais des socles sur lesquels sera forgée une nouvelle vitalité, notamment économique.

Une opportunité extraordinaire est devant nous. Si les noyonnais ne la saisissent pas, ce ne sont pas six ans que nous allons perdre mais une vraie chance qui ne repassera peut-être pas avant bien longtemps.

Par Cyrille TCHAMBA
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Jeudi 17 janvier 2008 4 17 /01 /2008 17:39
En 2007 nous avions parlé de nos engagements conformément aux objectifs initiaux de notre association et d’une contribution éveillée dans la vie politique et sociale du pays.
 
Notre démarche plutôt innovante nous avait permis de prendre position franchement pour le candidat victorieux à l’élection présidentielle française de 2007. Ce choix ne s’est pas fait de façon simple, car il heurtât quelque peu ceux de nos compagnons qui ne souhaitaient pas s’engager pour Nicolas Sarkozy.
 
Nous avions très bien assimilé l’ensemble des critiques et de sous-entendu des uns et des autres sur cette prise de position, cependant il était impératif que notre mouvement prenne part à cette campagne : ce fut un signe clair envoyé à la classe politique d’une ambition de notre structure à se projeter dans une construction de projets concrets et surtout d’application de nos idées dans des responsabilités effectives.
 
En effet, le mouvement associatif, laboratoire de concepts nouveaux en matière politique, sociales et économiques, ne devrait plus se contenter de servir de « sonneur d’alarme » ou de « donneurs de leçons » ; mais doit pouvoir objectivement se projeter comme étant porteuse de valeurs qu’elle-même pourrait défendre dans une fonction politique concrète.
 
L’année dernière fut donc celle qui nous permis de nous imposer comme des partenaires francs et objectifs du débat et de cela nous devons nous féliciter, puisque plusieurs membres de notre association pourraient, dans les mois avenir, intégrer des postes politiques à responsabilités et ainsi continuer au dehors le travail commencé au sein d’Egalité Plus.
 
En 2008 nous sommes enfin compris et même copié, puisque nos collègues ont admis que le refus de s’engager n’était plus une position tenable. Trop longtemps nous avons fait confiance à des responsables qui ne savaient ou ne souhaitaient pas mettre en œuvre, conformément un certain nombre de points, les propositions que nous suggérions.
 
En 2008 donc nous devrions œuvrer à la construction de notre pensée et la défendre au sein des institutions où nous serons certainement présents. Nous savons l’espoir que notre travail quotidien suscite chez ceux qui, depuis de nombreuses années, nous accordent leur confiance et font, par leur adhésion, d’Egalité Plus une association forte et appréciée.
 
Notre action sera donc dirigée vers ces personnes pour qui nous portons des espoirs d’un avenir meilleur et d’une meilleure prise en considération de leurs aspirations ; en qui nous destinons l’essentiel de nos travaux et surtout les victoires dont nous sommes crédités jusqu’ici.
 
En fin, cette année 2008 sera la leur, nous la leur devons.
BONNE ANNEE 2008 A TOUS.
Par Cyrille TCHAMBA - Publié dans : egalitesplus
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Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /2007 12:21

Des milliers de jeunes veulent quitter le Cameroun en empruntant parfois des chemins de travers, mais le phénomène demeure mal mesuré.

Combien de jeunes camerounais s'en vont-ils chaque année sur les chemins d'un exil clandestin ? " Le problème des chiffres, c'est qu'ils sont approximatifs ", soutient Yves Tsala, président de Solutions aux migrations clandestines (Smic), une Ong camerounaise. Aussi, ne donnera-t-il pas de chiffres, même à titre indicatif. Blaise Jacques Nkene, coordonnateur de la campagne d'information sur les dangers des migrations irrégulières à l'Organisation internationale pour les migrations (Oim), n'a point de chiffres à donner également. Pourtant, à écouter les médias internationaux, le phénomène est réellement prégnant sur la jeunesse africaine, au regard des noyés dont les dépouilles sont régulièrement rejetées par la Méditerranée, aux portes de l'Europe.

Mais, souligne Blaise Jacques Nkene, on ne peut en conclure qu'il s'agit d'un phénomène marginal autour duquel les pays d'accueil feraient " du bruit ". " Au sujet des statistiques, explique-t-il, on est obligé de procéder par ordre de grandeur à cause des lacunes énormes et des difficultés de nos instruments de mesure. Il y a en effet une pénurie de données sur le phénomène migratoire. On peut cependant dire qu'entre janvier 2006 et juin 2006, selon l'Union européenne, 38.000 jeunes camerounais ont demandé à sortir. Il ne s'agit là que des enregistrements dans l'espace de l'Union européenne, c'est-à-dire 25 pays sur 191 dans le monde. "

De plus, souligne-t-il, la clandestinité des migrants doit être diversement appréciée : " Le premier mois, le migrant peut être régulier, parce qu'il a reçu un visa de trois mois. Après ce trimestre, l'on entre en clandestinité. Si l'on est en France, on se rend en Suisse où un mariage peut tout régulariser. On peut aussi aller en Espagne où on régularise massivement en ce moment. Il suffit cependant d'une faute pour que tous les papiers autorisant le séjour soient rendus caduques et on revient au statut de clandestin. Cette complexité fait que même en Europe, on n'a pas d'évaluations sûres du nombre de clandestins. " Par ailleurs, le chemin de la migration clandestine passe aussi par la route : avec un peu d'argent, une jeune se rend au Nigeria, puis au Niger. De petits boulots, de faux passeports, permettent d'avancer jusque vers l'Algérie, la Mauritanie, le Maroc, etc. avant le passage sur de frêles esquifs qui défient la Méditerranée.

10.000km

Que peut-on dès lors en conclure ? Selon cet expert de l'Oim, d'un point de vue statistique, une telle donnée (38.000 demandeurs de visas Schengen en 6 mois) permet de mesurer l'attraction et d'estimer au moins les candidats au départ régulier et peut-être irrégulier. " Projetez-vous sur dix ans et mesurez le phénomène : combien de Camerounais seront partis d'une manière ou d'une autre en cet espace de temps. 38.000, c'est une donnée de base qui peut faire dire que le phénomène est important ", explique M. Nkene. En la matière, ajoute Yves Tsala, la prudence est de mise. Même si, par compartiments, l'évaluation chiffrée du phénomène de l'immigration clandestine des jeunes révèle des statistiques " remarquables " et inquiétantes pour un pays tel que le Cameroun.

" Nous avons reçu des Ong comme la Cimad, qui s'occupe essentiellement des clandestins dans les camps de regroupement, des médias comme Jeune Afrique, une indication : entre 68 et 70% des migrants qu'on retrouve aux portes de l'Europe notamment sont au moins titulaires d'un baccalauréat. Et dans un reportage réalisé dans les forêts de Ceuta et Melilla, les îles espagnoles par lesquelles nombre de clandestins transitent, la télévision marocaine 2M a révélé qu'ils sont organisés en communautés. Parmi celles-ci, il y a des Camerounais qui comptent parmi les plus lettrés. On y a retrouvé deux professeurs de lycée ", indique le président de Solutions aux migrations clandestines.

En plus d'être " lettrée ", l'immigration clandestine se féminise et se rajeunit davantage, selon M. Tsala. 75% des jeunes qui empruntent des chemins de travers pour " partir " ont entre 20 et 35 ans, rapportent les dirigeants de Smic. " C'est compréhensible que ce soit les jeunes qui partent, explique Blaise Jacques Nkene. Pour parcourir 10.000km à pied, il faut avoir des forces. D’ailleurs la profonde mutation qui fait que depuis 1985, au Cameroun, ce sont des diplômés de l'enseignement supérieur qui partent, doit être liée d’après lui aux difficultés économiques, à la raréfaction des emplois. " C'est la preuve, soutient dès lors le coordonnateur de la campagne de l'Oim, qu'il faut s'attaquer aux causes, bien que l'Europe s'investisse dans une meilleure fermeture de ses frontières.

" Lorsqu'elles sont irrégulières, les migrations causent du tort à tout le monde : au migrant, au pays d'origine et au pays qui accueille. En partant de chez lui, le clandestin fait perdre une force de travail à l'Etat qui l'a formé. L'Etat d'accueil ne peut profiter de ce travailleur qui ne paie pas d'impôts, le migrant lui-même perd sa capacité d'épanouissement ", explique-t-il. Pourtant, " ils partent ". Les " appels d'air" telles que les régularisations massives qui sont en cours en Espagne ne prouvent-elles pas que l'Europe ne se porte pas finalement si mal avec ses clandestins ? Pour M. Nkene, c'est l'illusion offerte par les exilés qui renvoient des images de réussite et les difficultés économiques locales qui plus que toute autre raison, alimentent l'immigration clandestine.

 

 

Emmanuel Yimga : J'ai payé pour partir
Exilé pour des motifs politiques, cet agriculteur a choisi de revenir au bercail.

Qu'est-ce qui vous a poussé à partir ?

Je partais du Cameroun pour l'Europe. J'ai été un peu persécuté parce que je faisais partie du Sdf. Je suis parti donc pour des raisons politiques et non parce que je souffrais de difficultés économiques. J'étais en effet propriétaire de deux champs à Bangangté, je pouvais subvenir à mes besoins.

Mon problème était que le chef de mon quartier nous intimait l'ordre de nous enrôler dans le Rdpc, à défaut de mettre sous l'éteignoir notre militantisme qui lui était opposé. L'affaire s'est compliquée parce que dans le camp d'en face, des gens me donnaient des informations pour contrecarrer la fraude électorale. Lorsque j'ai réagi, j'ai été menacé d'arrestation et j'ai pris la fuite.

Où êtes-vous parti ?

Je suis parti du Cameroun pour la Suisse. J'ai pris un vol ordinaire. Mais je dois dire que je connaissais quelqu'un qui m'a aidé : j'ai payé un peu plus de deux millions de francs Cfa et il m'a remis un passeport ainsi qu'un visa.

Finalement, le Sdf n'est pas au pouvoir, le Rdpc triomphe à Bangangté, mais vous êtes revenu…

Je me suis dit qu'il valait mieux revenir, parce qu'à bien l'observer, le Cameroun est encore calme. J'ai adressé une lettre aux autorités politiques suisses. On m'a accordé 3000 francs suisses et quelques aides des communautés religieuses m'ont été remises. J'étais propriétaire de 7000 francs suisses, qui équivalent à quelque 2 millions de francs Cfa, au moment de rentrer. Grâce à une formation en agriculture biologique que j'avais reçue dans une ferme lors de mon exil, j'ai pu relancer cette activité agricole sans apport d'engrais chimiques. Je me suis rétabli à Bangangté où j'ai trois champs ainsi qu'une alimentation.

J.B.K

Par Cyrille TCHAMBA - Publié dans : egalitesplus
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Lundi 12 novembre 2007 1 12 /11 /2007 09:40

La famille est l’élément essentiel dans la grande réflexion qui est la nôtre depuis des années sur les quartiers de Noyon mais aussi d’ailleurs.

L’association EGALITE PLUS invite donc tous les parents du Mont Saint Siméon à venir participer à une grande rencontre entre les familles du quartier, le :

Samedi 10 Novembre 2007

De 15h00 à 17h00

À la boulangerie

 « Chez Omar » 

L’objectif de cette réunion est d’échanger avec les familles, de faire un inventaire des besoins de celles-ci et des propositions qui peuvent être faites dans le cadre de l’amélioration du cadre de vie et du climat social du quartier.

Venez nombreux.                                                                           Contact EGALITE PLUS

Par Cyrille TCHAMBA - Publié dans : egalitesplus
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