J’en ai marre, marre des hypocrites.
Depuis des années, je m’occupe d’une famille de sans papiers. La circulaire Sarko de l’été dernier arrivant, j’ai orienté cette famille vers la Préfecture afin qu’elle puisse se faire régulariser. Les entretiens avec la préfecture se sont bien déroulés, étant donné que les deux enfants de cette famille sont nés dans l’hexagone et donc parlent le français.
Début septembre, ils reçoivent un refus et un arrêté de reconduite à la frontière non motivé. Eux et moi on accuse le coup, mais on ne désespère pas et la famille part à la rencontre des élus du secteur pour demander de l’aide. On leur promet beaucoup mais on ne les rappelle jamais. Face à l’indifférence des autorités administratives et politiques, je décide d’alerter l’opinion publique et les médias sur cette affaire. L’action média n’est pas toujours une solution conciliante, dans certains cas elle braque les interlocuteurs et accentue l’orgueil des uns et des autres.
La dure expérience acquise au fil des déceptions dans le monde associatif et politique m’a appris qu’il ne faut jamais négocier quand on s’occupe de la souffrance d’un homme. Généralement, les responsables locaux préfèrent ceux qui souffrent et meurent en silence, surtout quand on est pauvre et/ou issu de l’immigration. Je refuse de jouer dans cette « traîtrise » et malgré mes opinions politiques je préfère l’humanité.
Un responsable local de haut rang me faisait remarquer que je bottais un peu contre mon camp, que j’allais trop loin. Moi de lui répondre que je n’avais aucune leçon de politique à recevoir de « planqués », qui de leurs bureaux sont prêt à cracher sur la souffrance d’une famille et d’enfants en bas âges.
En démocratie, on peut s’entendre sur plusieurs sujets, mais avoir des divergences sur d’autres. Cela arrive au P.S avec le débat sur les investitures et pourtant ils sont tous socialistes. A l’UMP, il existe des courants, libéraux avec Alain Madelin, sociaux avec Mme Boutin etc. pourtant ils sont tous du même bord. Encore, je n’ai aucune leçon à recevoir de ces petits provinciaux qui ne pensent qu’à jouer les « costauds » alors qu’ils ne représentent qu’une marginalité dans leurs formations politiques respectives.
Qu’ils aboient, les sans papiers passerons.
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