Vendredi 16 mai 2008 5 16 05 2008 15:16

 

 

 

 


Entrée du camp de concentration de Birkenau

Je viens de visiter la ville de Cracovie en Pologne. Une très belle ville chargée d’histoire et surprenante par la verdure de son centre ville et ses impressionnants châteaux. Visiter la Pologne, c’est en finir avec les préjugés que nous d’Europe de l’ouest avons sur cette autre partie du continent.

 J’ai donc profité de mon cours séjour de ce côté du pays pour effectuer une visite à Auschwitz et à Birkenau. Il était important qu’un combattant antiraciste comme moi aille faire cette tournée de la mémoire et me rendre compte des effets palpables que la xénophobie et le racisme peuvent engendrer.

 Tout au long de la visite des deux sites, il dégage comme une odeur de la mort. D’ordinaire si costaud, je me retrouve à rechercher des appuis sur le mur, comme si j’avais besoin de me sentir rassurer par quelque chose de solide. A un point, je perds le fil des la visite et me mets à penser à tout ce que j’ai appris sur la Shoa durant mes études et en dehors.

 Subitement, je reprends le cours de quelque chose. Pas de la visite mais en moi. C’est comme une sorte de monologue ou j’entends des voix qui me crient, me parlent et essaie d’avoir mon point de vue sur bien des choses. C’est confus. On me demande comment cela a pu se passer et si ça se passera encore…

 Au début je pense que c’est la fatigue. Au fil de la marche sur le site, je suis envahi par un tas de trucs. Là, je me rends compte que ma vie, mes engagements, et mes questionnements au quotidien m’assaillent. Il faut que je m’accroche à une quelque chose pour m’en sortir. Je tiens encore plus fort le mur. Il est froid et porte des inscriptions. Sont-elles celles des pensionnaires de ce camp ou de simples tags de visiteurs ? j’en sais rien !

 Je pense à Simone Weil. Je crois avoir lu quelque part qu’elle fut déportée ? Peut être ici à Birkenau ? Je ne sais plus bien !

 Je pense à ces hommes que je vois sur les photos. Ils venaient d’où ? Comment vivaient-ils ? Je veux réfléchir mais c’est compliqué. J’en sais rien !

 Je pense aussi aux propos de Le Pen. Comment peut-il nier l’évidence ? Je ne comprends pas. D’ailleurs je ne le comprendrai jamais ce vieil homme !

 Je pense aux africains. Sont-ils morts dans cette affaire ? Je me souviens que oui. Mais bon je n’en suis pas sûre. En fait j’en sais rien !

 Je passe un moment de vie intense…

 Je reprends donc le fil et le guide continu à nous expliquer. C’est de plus en plus dur. Finalement je pense à une conclusion qui sera une conviction …

 Je deviens dès cet instant là, un militant contre toute forme de souffrances que peuvent endurer les peuples de la terre et à ce titre, je donnerai la même ardeur pour défendre toutes les souffrances sans aucune distinction

J’aime l’humanité

Par Cyrille TCHAMBA
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