Jeudi 22 mai 2008
Le ministre français de l’immigration prône un recentrage de l’utilisation des ressources issues de la diaspora.

Parler d’immigration et de développement solidaire semble une passion pour cet homme du premier cercle des proches de Nicolas Sarkozy, le chef de l’Etat. Pour cela, Brice Hortefeux abandonne volontiers son bord, quitte à s’en excuser auprès de ses collaborateurs chargés de lui préparer des notes. On l’a ainsi vu très à l’aise, tant au palais de l’Unité au cours du toast prononcé lors du déjeuner offert en son honneur lundi 19 mai dernier par le président de la République qu’au cours de la conférence qu’il a donnée quelques heures plus tard à l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) sur le thème " La politique française de codéveloppement en Afrique ". Pour le ministre français de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement, qui lui préfère parler de "développement solidaire ", si " l’immigration zéro ne peut pas exister ", il faut arriver à une prise de conscience entre Français et Camerounais pour la maîtrise des flux migratoires notamment ceux qui vont du Cameroun vers la France.

La situation apparaît d’autant plus préoccupante pour Brice Hortefeux qu’il y a un ensemble de réalités qu’il faut désormais prendre en compte au rang desquelles le fait que la moitié de la population africaine a moins de 17 ans, ou encore cette Afrique qui comptera environ un milliard d’habitants en 2030, et le fait que plus du tiers des Africains vivent avec moins de 650 francs Cfa par jour. S’il reconnaît que comme la plupart des autres nations européennes, son pays a largement puisé dans l’imposant vivier de main d’œuvre que constituait l’Afrique sans contrepartie, il indique " l’heure est maintenant à la rupture ". Il est désormais question dans les échanges entre les deux parties " d’une politique concertée ". La concertation selon Brice Hortefeux permettra " la transparence et l’efficacité dans les échanges ".

Accords
Le ministre français de l’Immigration a également abordé le volet lié aux diasporas africaines sur le territoire français. Celles-ci à son avis " ne sont pas suffisamment utilisées ". " Les fonds envoyés vers leurs pays s’élèvent à environ 8 milliards d’euros (soit à peu près 5250 milliards de francs Cfa, ndlr). De l’argent utilisé à plus de 80% pour la consommation ". S’il pense que cet argent est envoyé pour aider les familles restées sur place en Afrique, il est donc question aujourd’hui pour lui d’aider à l’orientation de cet argent vers l’investissement, notamment dans les domaines comme l’agriculture, l’artisanat… S’agissant de la communauté camerounaise en France, Brice Hortefeux l’évalue à environ 36.000 âmes, avec au passage la deuxième en ce qui concerne les étudiants. A ceux-ci, il conseille le choix de filières porteuses " qui débouchent sur une activité professionnelle "
Pour la maîtrise des flux migratoires, la France sous la houlette de son ministre de l’Immigration a signé des accords avec des pays africains comme le Sénégal, la Tunisie, le Gabon, le Congo et le Bénin. Il a précisé au cours de ses échanges que des discussions sont en cours pour un accord similaire avec le Cameroun.

Nostalgique, le ministre français estime ne pas comprendre l’intérêt soudain de certaines puissances pour l’Afrique, au moment où certains Etats du continent se tournent de plus en plus vers d’autres partenaires à l’instar de la Chine. Au nom de la real politik.
Promoteur en France de la loi de maîtrise de l’immigration adoptée en 2007 qui limite le regroupement familial, il a fini par faire imposer des tests d’Adn pour les candidats à ce regroupement. Brice Hortefeux est également connu pour avoir fixé aux forces de l’ordre en France des objectifs chiffrés en matière d’expulsions et de reconduite des étrangers à la frontière : 25.000 en 2007, 26.000 en 2008 et 28.000 en 2010. Celui que l’on dit être le véritable père de l’immigration choisie est notamment l’auteur de cette phrase prononcée chez des confrères en octobre 2007, " La France a le droit de choisir qui elle veut accueillir ".


Par Jean Francis Belibi  du quotidien Mutations
Par Cyrille TCHAMBA
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Commentaires

il va faire koi en afrique. c'est un faux ministre. il veut amadouer les africains. resistez! resisitez
Commentaire n°1 posté par tony le 24/05/2008 à 11h27

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