La semaine dernière j’assistais à une conférence-débat très intéressante de Olivier Richomme auteur du livre à succès « L’Amérique de Barack
Obama ». Une conférence au cours de laquelle l’auteur a pris le temps de décrire de manière très précise le système politique américain et de nous décrypter le personnage Obama et son
ascension sociale et politique. Un résumé parfait du livre « l’Amérique de Barack Obama » que je vous conseille fortement.
L’auditoire, composée en majorité de personnalités blanches débattaient sur le sujet et était même complètement acquise au candidat démocrate à l’élection américaine de novembre 2008. Cette tendance dans la salle n’est finalement que le prolongement de l’Obama-mania qui touche la France depuis plusieurs mois. Dans les questions, on pouvait aisément ressentir entre lignes le souhait de voir ce fils d’un immigré kenyan devenir le « premier président noir » de la première puissance du monde.
L’orateur de la soirée dans son propos n’a pas caché son espoir de, tout comme au USA, pouvoir un jour assister à la candidature d’un noir à l’élection présidentielle en France. Il a néanmoins donné quelques clés de blocages qui font que cet évènement ne soit pas envisageable en France en l’état actuel du fonctionnement des partis politiques et plus généralement de la société française.
Pourtant quand on compare l’histoire des noirs dans la vie politique en France et aux USA, on se rend bien compte que l’hexagone n’a pas toujours été à la traîne. Dans les années 50-60 pendant que Miss Rosa Park et les autres les noirs américains se battaient pour les « droit civiques », en France on avait des personnalités noires à l’assemblée nationale et au sénat. Certes Il s’agissait pour une partie des parlementaires représentants les colonies et l’outre mer, mais ils étaient bien parlementaires français. Je pense notamment à Gaston Monnerville qui fut non pas parlementaire pour les colonies ou l’outre mer, mais bel et bien sénateur du Lot, d’ailleurs réélu plusieurs fois (1959 et 1965) et occupa même le poste de Ministre. On peut aussi citer dans un autre registre les regrettés Senghor et Césaire, sans oublier dans les années 80 koffi Yamgnane...
En réalité, Obama bien qu’étant un espoir inattendu pour des millions de noirs américains et bien au delà, son histoire, son ascension dans la société américaine nous invite à des questionnements identitaires et sociétaux qui doivent être débattus franchement au sein des communauté et faire l’objet d’un vrai, grand et large débat national en France.
Ainsi voici quelques interrogations.
Comment se fait il donc qu’en 2008 la représentation des minorités visibles en France soit inexistante au point que nous soyons à envier les Etats-Unis, pourtant dans l’histoire le pays du Général de Gaulle semblait plutôt en avance dans son intégration des français d’origines diverses ?
Comment cinquante ans après d’illustres hommes politique issus de la diversité notre pays en soit encore à se « vanter » d’avoir nommé une noire à un strapontin de Secrétaire d’Etat alors que dans des temps anciens où la France aurait pu être moins ouverte, on avait déjà atteint des postes à responsabilités plus importants ?
Où est passé ce fameux « ascenseur social » dont on nous promettait des miracles en terme de réussite et d’intégration et dont l’ami Aziz Séni disait qu’il était en panne et qu’il valait mieux, pour les jeunes issus de la diversité, prendre l’escalier ?
Monsieur Richomme nous parle de « l’Amérique de Barak Obama », cette contrée de fils d’esclavagistes et de fils d’esclaves réunis qui nous donne aujourd’hui, à travers cet homme noir, une belle leçon d’humanité. Quant sera-t-il un jour de « la France de Camara ou de Belcassem » .
Ces interrogations sont certainement incomplètes, car je n’aborde que quelques points qui me paraissent être un bon début. Elles méritent comme je l’ai déjà dit un vrai travail de fond et collectif. Le symbole est là. Il ne résoudra pas tout. Il ne reste plus qu’à nous de saisir l’opportunité historique qui se présente, de trouver les bonnes réponses afin de relancer « l’ascenseur » en politique et dans toutes les strates de la société, dans le noble but de construire une fois pour toute notre France plus tolérante et vraiment métissé.
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