Jeudi 12 juin 2008

Chers amis, je n’ai pas resiste a partager avec vous ce texte  paru dans le tri-hebdomadaire le messager.

 

La chronique de Marie Louise Eteki-Otabela


C’est une grande sœur qui me disait l’autre soir que Condoleeza Rice aura contribué plus à la victoire de Barack Obama que …Oprah Winfrey ! Petite femme noire, les dents en avant, parcourant l’univers au pas militaire, elle aura habitué la Terre entière à l’image du Noir compétent, aux affaires du monde. Je ne sais quels gains, elle a arraché au profit de la Maison Blanche des Bush (père et fils, cela n’a gêné personne autant que le projet Clinton et Clinton bis…) mais, elle parlait de la paix. De Toussaint Louverture à Gaël Monfils en passant par l’Oncle Tom, nous n’avons pas arrêté d’accoucher de cette autre façon d’être humain. C’est une embellie.

Toussaint Louverture premier président Noir
Demandez donc au premier passant aujourd’hui, c’était dans quel pays ce président ? Dans le meilleur des cas, on vous répondra : ce n’est pas celui qui a combattu Napoléon Bonaparte ? Mais oui ! Non seulement il a vaincu l’Empereur des Français, mais il a été le premier président Noir dans l’histoire de l’Humanité et ça se passait dans un pays nommé Haïti… Plus d’un siècle après, ce pays n’est toujours pas indépendant et encore moins démocratique ! Malédiction de Cham, nous a-t-on dit. On a connu celle-là aussi: la Bible, le livre de tous les fondamentaux de la civilisation judéo-chrétienne nous assigne une place de maudits ! Mais qu’est-ce que nous avons fait à leur bon Dieu pour mériter pareil destin ?
On aurait vu le père en mauvaise posture : lui aussi, il n’avait qu’à mieux se tenir…Une société qui n’a plus de tenue, plus de valeurs, ça ne peut pas bien se passer ni durer. Alors nous avons vendu nos frères comme de la marchandise, contre de la camelote. Ils disaient que c’était pour nous « civiliser ». Le missionnaire en tête, suivi de près par l’administrateur des colonies : ils nous ont dépecés jusqu’à la moelle, nous laissant un os au travers du nez. Pas étonnant que ce dernier s’est épaté jusqu’à bloquer définitivement un sourire à toute épreuve.
Eh bien dansez maintenant ! Vous avez voulu votre indépendance ? Voilà, vous l’avez. Et nous avons dansé, les bananes autour des reins ; et nous avons chanté, le balai entre les mains : et Giscard d’Estaing nous reçut au Palais de l’Elysée…au petit déjeuner : nous étions éboueurs !
Alors il y a eu cette femme, elle s’appelait Calixte ; qui a dit : on ne peut pas continuer comme ça : des siècles que nous vivons ensemble et à peine un immortel ? Je veux ma médaille si non je casse tout ! C’est parti des banlieues : ils nous avaient parqués-là, en réserve non pas de la république mais pour touristes en mal d’exotisme ! Puis ils ont marché sur Paris. Sarkozy a commencé par dresser des barricades, histoire de limiter le tsunami mais c’était sans compter avec la déferlante marée noire. Heureusement, il a eu l’idée de réinstaller Auswichz sur Seine. Il en crama donc quelques uns, fut félicité par Le Pen et devint président de tous les Français y compris ceux d’origine africaine: certains rentrèrent même dans son Gouvernement !

A chacun son Oncle
De l’autre côté de l’océan, l’Oncle Tom venait de sortir tout droit des champs de coton, nous n’avons plus pendant des décennies eu droit qu’à ce riz au long grain : l’incollable oncle Ben ! Pendant qu’eux héritaient de l’oncle Sam d’Amérique, nous, nous devions nous contenter de l’international prolétarien. Le pétrole pompé de la terre de nos ancêtres participait de l’antique malédiction. Plus on en avait plus les petits Biafrais proliféraient : onchocercose, mouche tsé tsé, ton-ton mak-out, toutes ces bestioles tropicales ne suffisaient plus à limiter nos naissances. Il fallait quelque chose de radicale sinon, le monde, le leur évidemment, courrait à la catastrophe : alors ils cogitèrent pendant des décennies et au bout de quelques nuées de fumées, l’arme fatale fît son apparition .Ils lui donnèrent un nom encore plus compliqué que les nôtres : Virus de l’Immunodéficience Humain, Sida, une arme de destruction massive pire que celle qui détruisirent l’Irak.
Sous prétexte que deux tours, probablement mal construites : (ils n’ont pas les pyramides en héritage) comme cela se passe souvent chez nous, avec les feys-men et les marchés fictifs…) se sont effondrées au centre de leur quartiers d’ affaires, ils ont été jusqu’à obliger ce pauvre Popaul à déclarer une guerre à l’autre bout du monde, en lui faisant croire qu’il présidait leur Conseil de sécurité, une organisation pire que les missiles à tête chercheuse. Quand il s’agit de trouver des dictateurs africains, il n’y a pas pire que Mugabe parce qu’il a eu le malheur d’exiger ses terres (qui ne sont même plus fertiles), en guise de cadeau d’adieu pour son peuple !
Heureusement, il y a eu un jour cette femme qui a signé l’indien dans un bus là-bas, en disant trop c’est trop : je ne descends pas ! Je ne reste pas à ma place ! Si vous croyez que c’est une vie ça de n’avoir sa place nulle part dans le monde. D’ailleurs ils ont failli m’embarquer à Kondengui l’autre jour : dans un bus foireux, avec pare-brise cassé et climatisation approximatif, parce que j’ai demandé qu’on m’explique pourquoi 50 ans après, on nous traite comme sous le « terrorisme »…Et là croyez-moi, il n’y a eu aucun Martin Luther King pour rêver pour nous : silence et rires verts dans tout le bus ! C’est moi qui dérangeais à poser des questions aux agents en camouflé et en charge de notre sécurité…

Monfils, sauvé des eaux
ça me rappelle l’histoire de ce « mec » que sa mère a dû cacher pendant des jours, sur l’eau pour qu’il échappe au courroux du roi exterminator…Galilée au Cameroun ? Là sous nos yeux à l’ère de hyper communication peopolisée, voilà que le monde découvre un champion dans l’arène. C’est qu’il est Noir, Français d’origine africaine, comme ils disent. Malgré son génie, malgré ses exploits, malgré son rêve et sa hargne d’être champion, la France de Sarkozy ne voulait pas voir Gaël Monfils, ne pouvait pas le dénicher : planqué dans les courts de banlieues, parqué dans le monde de l’infamie… probablement, caché par sa mère comme un trésor.
Comment font-ils pour ne pas nous voir ? Dans leurs négriers au long cours, c’étaient nous. Dans leurs champs de coton, c’était nous. Dans leurs plantations de cacao, ce fût nous. Dans leurs équipes de football, c’est encore nous. Dans leurs prisons, dans leurs Eglises, nous, toujours nous ! Ils prétendent qu’il y a eu six millions de tués dans les camps de concentration : ils oublient qu’ils ont là sous les yeux tout un Continent transformé en camps de concentration depuis des siècles mais ils ne nous voient pas ; parce qu’ils ne veulent pas nous voir. Obama a dû faire tout une campagne sans dire qu’il est Noir ! Il devait pour qu’ils l’acceptent dans leur monde, se renier : expliquer pourquoi, il portait un « boubou » africain ! Mais qui ce qui nous les a collés ces boubous comme notre vêtement traditionnel ! Le Boubou, c’est bon pour nous : pas pour un futur président américain…
Alors il y a eu cette femme avec son histoire d’Assemblée du Peuple, avec sa pétition. Elle disait qu’elle voulait qu’une fois, juste une seule fois, par les imprévisibles hasards de l’amitié… Vous allez dire que je me répète. N’oubliez-pas d’aller signer cette pétition, sur le net ou chez moi, vous savez où la trouver. Même le fameux mythe de Sisyphe, ils ont été jusqu’à l’écrire à l’envers : vous voyez bien que devant chaque homme, il y a toujours une femme : et c’est elle qui joue les mères porteuses. Il a fallu qu’Hillary accouche d’Obama !

 

Par Cyrille TCHAMBA
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil
Blog : Mode & Beauté sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus