Vendredi 25 juillet 2008 5 25 07 2008 19:52

Ainsi donc, Nicolas Sarkozy, qui passe, jusqu'à ce jour, pour être le chef de l'Etat français le plus impopulaire de toute la 5e République, a quand même réussi à faire passer sa fameuse révision de la constitution. Cet événement a toutes les chances d'être considéré comme le fait majeur qui aura couronné l'essentiel de son action à l'Elysée, celle-ci dût-elle s'étendre dans une période couvrant deux mandats.

En effet, pour chaque président de la République française, la réforme constitutionnelle est toujours restée un espoir ardent, à peine dissimulé. Pompidou y avait mine de rien, sérieusement pensé. Giscard d'Estaing n' y avait jamais été tout à fait incompatible ou insensible. Aidé de Jospin surtout, François Mitterrand avait bien voulu faire de la révision  de la constitution le suprême coup de grâce asséné violemment à tous ces hommes de la Droite française qui l'avaient précédé à l'Elysée et donc certains, De Gaulle et Giscard d'Estaing en tête, avaient parfois cherché à l'humilier.

Mais, ni les uns, ni les autres, n'avaient eu le courage de franchir le Rubicon. Les uns après les autres, ils y ont tous renoncé. Car, quelle que fût leur popularité avérée ou supposée, ils ont eu peur, à la fin,  de cette barre fatidique, jugée placée trop haut, que représente cette fameuse majorité des 3/5 des votes favorables, sans l'obtention de laquelle la réforme proposée est automatiquement rejetée…Mais fidèle à sa manière habituelle de faire et selon sa devise qui semble être : " tenter, oser, entreprendre, agir… " Sarkozy, lui, ne s'est guère posé de questions ; il a foncé, tête baisée, à tous ses risques et périls. Les sondages étaient loin d'être rassurants. En face de lui, en revanche, les mains qui se levaient n'étaient ni pour saluer, ni pour applaudir, mais, pour frapper ; les bouches qui s'ouvraient ne disaient ni louanges, ni encouragements ; au contraire, elles criaient vengeance et hurlaient des insanités…A la fin, un joli coup de poker qui a remporté le plus gros gain escompté : l'adoption de la réforme constitutionnelle. Cela n'a pas été un plébiscite. On en était très loin, puisque c'est une seule petite voix qui a assuré la majorité requise. Une seule voix qui est devenue une voix mémorable qui a remodelé le visage même de l'histoire de la France contemporaine.

Pendant ce temps, en bandes dispersées et querelleuses, les autres, je parle des socialistes et de leurs alliés n'ont pratiquement plus que leurs beaux yeux pour pleurer, que leurs vains discours pour se nourrir d'un peu de consolation, que leur agitation congénitale et stérile pour laisser croire qu'ils n'ont pas trop accusé le coup. Simples apparences trompeuses. Les socialistes boivent, avec cette constitution reformée, leur coupe jusqu'à la lie. C'est la pire chose qui pouvait leur arriver, après qu'ils ont montré trop de suffisance, quand Sarkozy les courtisait et cherchait à les convaincre du bien fondé de la réforme.

Mauvais perdants, les Socialistes s'en prennent à Jack Lang, qui a voté pour la réforme. Pourquoi ne rappellent-ils pas que sept députés Ump ont aussi voté contre ? Lang a assumé son idéal de liberté. La défaite aurait-elle fait oublier aux Socialistes que leurs ancêtres ont pris la Bastille et décapité Louis XVI, pour que tous les Français soient des citoyens libres et égaux ?

Par Cyrille TCHAMBA
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