Par Cyrille TCHAMBA, Délégué départemental de l’OISE
du Cercle de la Diversité Républicaine pour le compte du CDR
Le « Cercle de la Diversité Républicaine » (CDR) milite auprès des pouvoirs publics pour le lancement dès 2009 des API (Actions Positives pour l’Intégration). Objectif : initier partout en France un plan national d’identification et de promotion sociale des talents issus des « minorités visibles » et des couches populaires.
Ce thème revêt une gravité singulière car elle est le cœur de mon engagement associatif depuis déjà une décennie. C’est une très bonne initiative. Je pense que non seulement aujourd'hui il faut s'unir, mais surtout il faut s'activer sur le terrain social, politique et économique pour construire les victoires de demain tel que Barack Obama l’a fait aux USA.
Obama est une grande victoire, Obama est une inspiration, Obama est un espoir nouveau, Obama est un symbole. Il doit aussi être un moteur vers l'engagement de nous tous, dans tous les domaines où l’homme peut rayonner et surtout nous convier à plus d’efforts et d'actions pour mériter la conséquence de cette belle œuvre humaine qu’est sa victoire aux élections présidentielles américaines de cette année.
Les communautés issues des migrations sont composées des personnes brillantes qui s’illustrent - ou se sont illustrées par le passé - dans des domaines respectables. Ces hommes et femmes par leurs expériences et par les valeurs qu’ils défendent au quotidien, représentent un vivier de talents sur lequel nous devons nous appuyer pour bâtir, différemment du passé, notre mouvement et nos actions dans le but de sensibiliser les populations sur notre combat républicain afin de susciter l’adhésion et l’engouement populaires.
Cette adhésion populaire est notre unique voie de réelle réussite car trop souvent nous nous comportons comme si la légitimité ne pouvait venir que d'en haut et négligeons le fameux principe qui veut que, toute action politique d’envergure, qui s’inspire des gens et de leurs vécus, ait forcément plus de percussion ; donc de résultats éclatants.
C’est d'ailleurs la raison pour laquelle le peu de responsables que nous ayons jamais eu jusqu'ici ne sont restés que de simples « éphémérides » dans le paysage politique français et brillent souvent par leur absence marquée dans le débat en général et sur des thèmes qui, bien que parfois impopulaires pour le grand public, nous interpellent profondément.
Regardons l'insuffisance de nos responsables nationaux noirs et beurs lorsqu’il s’agit de travailler dans les banlieues ou dans des cités dites difficiles.
Leur impopularité finit même quelques fois par agacer leurs défenseurs. Car comment donc être un Ministre représentant la diversité ou l’ouverture en restant aussi impopulaire au sein même des ces groupes qu’on est censé représenter au gouvernement ?
De quelle légitimité peut-on se prévaloir dans ce cas de figure ? De rien du tout.
On pourrait en citer encore des personnalités de droite comme de gauche issues de la diversité qui peinent à convaincre les leurs sur le terrain. Mon propos qui se veut rassembleur ne doit pas servir à des critiques incommodantes, cependant il doit être perçu comme une contribution dans le bon sens à une réflexion sur notre pays, ses orientations et sur les défis à venir de son évolution sociologique.
Bien souvent, ces « leaders » dont on a parlé plus haut apparaissent, à tort ou à raison, aux yeux des populations de ces zones comme des prétextes voire des impostures ne représentant pas nécessairement les classes populaires et seraient d’ailleurs assez éloignés des réalités de leurs vies quotidiennes.
D’où le peu d’effets qu’a produit l’ouverture à la diversité réalisée par le Président de République Nicolas Sarkozy après son élection de 2007 dans les quartiers populaires. D’ailleurs les récentes élections municipales en ont été un indicateur froid et précis puisque les quartiers où les populations sont majoritairement issues de l’immigration ont boudé notre parti. On pourrait même envisager que si l’UMP ne met pas un « bon coup d’accélérateur » pour l’émergence de plus de personnalités issues de la diversité, la sanction électorale risque d’être encore plus importante aux prochaines élections régionales. Une fois les effets d’annonces passés, les français souhaitent une déclinaison concrète et visible de l’ouverture à tous les niveaux de l’appareil politique et autre.
Cette réalité des récriminations de terrain constitue le formidable challenge qui s’offre à nous pour encourager l’action positive à l’intégration. La nouvelle phase que nous abordons dans notre engagement doit, certes éveiller de réelles aspirations, mais aussi servir d'opportunité pour corriger les carences du passé. Il nous faudra tout d'abord trouver les causes qui ont freinées l’évolution logique de la société française vers plus d’Egalité et de Fraternité ; ensuite comprendre les mécanismes qui ont permis à d’autres communautés d’avancer ; puis faire l'examen des résultats décevants de ceux, peu nombreux, qui ont été nos porte- voix jusqu’ici ; et enfin dresser les perspectives d'avenir.
Evidemment, l’ouvrage ne sera pas commode, tant les problématiques font appels à des domaines pointus et requièrent des analyses poussées, presque savantes. Bien heureusement la situation actuelle est une aubaine pour accomplir cette tâche car la diversité a cessé d’être un simple concept pour devenir un réel enjeu de société auquel nul ne peut plus être insensible. Partout en France, l’attente se ressent sur ce que feront les grands partis politiques pour rectifier cette curiosité bien française qu’est la sous représentation des minorités visibles dans la vie politique et ailleurs. Les talents de la diversité existent et s’expriment dans leurs domaines respectifs. L’espoir est présent en eux et assurément en chaque français.
Aux politiques donc de travailler à la matérialisation de cette espérance par des décisions correctives, ambitieuses et urgentes pour une France apaisée et victorieuse.
« JUST DO IT !».
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