Vendredi 28 novembre 2008


France

Le Cercle de la diversité républicaine s’est réuni mardi à Paris. Avec comme invitée d’honneur Rama Yade, Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme.

Les minorités veulent être mieux représentées

« L’élection d’Obama et ses conséquences dépassent largement les frontières de l’Amérique. Par cette élection, nous avons partagé avec les américains un formidable espoir. C’est un accélérateur de l’histoire. Chaque minorité peut rêver de devenir un jour le président de son pays… ». Le propos du Secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères et aux Droits de l’Homme, Rama Yade. Elle était l’invitée d’honneur mardi soir, 25 novembre, à une rencontre organisée par le Cercle de la diversité républicaine(Cdr) au sein de l’Ump, le parti de Nicolas Sarkozy, sur le thème Obama, au Théâtre du Gymnase, rue Bonne Nouvelle à Paris. Dans la salle plus de cent cinquante personnes, essentiellement membres du Cdr, des minorités vivant sur le territoire français et qui veulent être mieux représenter dans les plus hautes sphères de prises de décisions à tout point de vue. Avec en filigrane une question qui brûle sur toutes les lèvres: « Comment faire pour que cette diversité à la française soit effectivement représentée dans la gestion des affaires de la cité? » Parmi les délégués du Cdr présents à cette réunion, deux français d’origine camerounaise. Lucien Kemkeng, conseiller municipal de la ville de Sèvres(92), cadre financier d’une grande banque française et Cyrille Tchamba, délégué départemental Oise(60) du CDR. Et c’est-ce dernier qui a eu la lourde responsabilité de proposer des actions positives pour l’intégration des minorités: « Non seulement aujourd’hui il faut s’unir. Mais il faut surtout s’activer sur le terrain social, politique et économique. Dans cette optique, Obama est une victoire, Obama est une source d’inspiration, Obama est un espoir nouveau. Il doit aussi être un moteur vers l’engagement dans tous les domaines et surtout vers l’action. Car les communautés d’origines étrangères brillent souvent de tout, sauf de véritables mouvements capables de s’imposer sur des idées…Nous nous comportons souvent comme si notre légitimité ne peut venir que d’en haut », a-t-il indiqué, avant de marteler: « C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le peu de leaders que nous ayons eus jusqu’à aujourd’hui ne sont restés que des éphémérides dans le paysage politique français… » Et de conclure: « Aux politiques donc de travailler à la matérialisation de cette espérance par des décisions correctives, ambitieuses et urgentes pour une France apaisée et victorieuse. Just do it ». Une intervention très applaudie, puisqu’elle indexe d’abord les responsables politiques comme étant des freins à l’épanouissement de cette diversité.

La leçon Belge

Et le témoignage de Bertin Mampaka, député échevin de Bruxelles né à Kinshasa va dans le même sens: « A Bruxelles -capitale de l’Europe- la diversité politique est un enjeu important compte tenu de la composition de la population. Plus ou moins 12% des Bruxellois sont des allochtones, nés à l’étranger. »,explique le député avant de préciser; « Un rapport récent de l’OCDE a mis en évidence la discrimination à l’embauche dont sont réellement victimes les Belges d’origine subsaharienne. Par contre, il serait injuste de se plaindre d’une discrimination dans la représentation des allochtones dans les diverses assemblées démocratiques, car ils sont bien représentés ». A titre d’exemple, « sur les 680 conseillers municipaux que compte la région bruxelloise, près d’une centaine sont originaires d’Afrique subsaharienne et du Maghreb. Une vingtaine d’adjoints au maire dans différentes municipalités sont des élus issus de la diversité ». En Belgique, les partis de gauche et du centre -Ps et Cdh- sont les plus audacieux dans l’intégration des élus issus de la diversité alors qu’en France, la présidence de Nicolas Sarkozy semble vouloir corriger une injustice que ses prédécesseurs n’ont pas voulu voir. La présence de trois ministres issus de la diversité(Rama, Fadela, Rachida) est un signe. Mais il faut aller au-delà des symboles pour être au rendez-vous de l’histoire, celle que les Etats-Unis sont entrain de réécrire en élisant comme 44ème président Barack Obama. On l’oublierait presque. Une Amérique qui était encore ségrégationniste il y a à peine 50 ans.

Jean-Célestin EDJANGUE à Paris

Par Cyrille TCHAMBA
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