Vendredi 20 février 2009

CHERS AMIS,

CES TEMPS-CI L'ACTU DES ANTILLES INTERPELLENT BON NOMBRE DE PERSONNES AU PLUS PROFONDS D'EUX-MËME ET POSE DES FORTES DIFFICULTES DE REFLEXION CAR LA PROFONDEUR DU MALAISE ANTILLAIS EST CERTAINEMENT AU DESSUS DES SIMPLES CONSIDERATIONS ECONOMIQUES ET FINANCIERES QUE SEMBLE NE VOULOIR TRAITER LE GOUVERNEMENT FRANCAIS.

JE N'AI PAS RESISTE A VOUS FAIRE LIRE UN TEXTE, PLEIN D4ENRICHISSMENT, DE PEM, CHRONIQUEUR DANS UN jOURNAL AFRICAIN.

BONNE LECTURE.

Ce qui se passe, depuis bientôt un mois, dans les Antilles françaises, n’est sans doute pas un événement de portée universelle Cependant, on ferait preuve d’une courte vue singulièrement naïve si l’on s’obstinait, comme les autorités françaises semblent le faire jusqu’à présent, à ne voir dans ces désordres que les réactions plus ou moins violentes des gens qui ont faim et dont la plupart sont au chômage Du reste, la démarche qui consiste à faire de la cherté de la vie, dont sont effectivement victimes les Martiniquais et les Guadeloupéens, la cause principale de ces émeutes, découle d’une logique bien étrange qui ne distingue pas clairement les effets originels et les conséquences que ces effets engendrent Non, la cherté de la vie dans les Antilles françaises n’est pas la cause de la colère actuelle des foules.

Plutôt, elle est la conséquence d’une situation très défavorable dont ces fameux départements d’Outre-mer souffrent depuis toujours Cette cherté de la vie est la somme de tous les mauvais résultats que la France métropolitaine a pratiquement programmés ; elle est la conséquence inéluctable de cette volonté que la Métropole n’a pas eue d’achever définitivement l’Histoire de son empire colonial. Ce qui se passe aujourd’hui aux Antilles et qui continue, de manière latente et plus sournoise, de se passer en Nouvelle- Calédonie est, en réalité, l’histoire scabreuse et douloureuse d’une décolonisation ratée dont le processus n’a jamais pu être conduit à son terme La France coloniale n’a jamais quitté les Antilles Bien sûr, les experts français en matière de Droits de l’Homme se tiennent prêts à nous apporter la plus vive contradiction, si nous en venions à insinuer que l’idéal de Liberté, d’Egalité et de Fraternité se situe, totalement inaccessible, aux antipodes du vécu quotidien des Antillais Ils trouveraient mille arguments spécieux pour tenter de nous convaincre que Paris a toujours su déployer des trésors de sollicitude et d’humanisme en faveur des peuplades de ces peuplades de ces terres somme toute inconnues et fort lointaines Bien évidemment, pour se donner raison et bonne conscience, ils ne pourraient pas oublier de rappeler que les Antilles bénéficient du statut glorieux de départements français d’Outre- Mer », depuis la fin de la 2e guerre mondiale

D’accord ! Mais, que répondraient donc nos sophistes à la question de savoir pourquoi le panier de la ménagère de Pointe- à- Pitre compte moins de doigts de banane et moins de Kg de sucre que celui de la ménagère de Limoges, alors que c’est quand même sur les terres de la Guadeloupe, et non sur celles de la Haute- Vienne, que l’on cultive la banane et la canne à sucre ? Comment s’expliqueraient-ils pourquoi à Cayenne, à Pointe- à- Pitre, le taux de chômage (principales victimes : les jeunes entre 15 et 35 ans) puisse atteindre les sommets qu’on ne trouve nulle part ailleurs dans toute l’Union Européenne, alors que la France est précisément l’un des pays- locomotives de ladite Union ? D’autres questions, les unes aussi troublantes que les autres, se posent toujours, avec la même acuité, concernant les Antilles françaises. Sans réponse. La seule conclusion cohérente qu’on puisse en tirer est triste : la France n’a pas achevé la décolonisation des Antilles ; elle a préféré se débiner, abandonnant ces terres lointaines à des esclavagistes et à leurs anciens ( ?) esclaves.

TEXTE PARU DANS LE QUOTIDIEN LE JOUR

Par Cyrille TCHAMBA
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