Lundi 9 juillet 2007 1 09 /07 /2007 12:38

Deux associations l’ont signifié dans un communiqué conjoint, publié le 4 juillet.

C’est hier que le président congolais Denis Sassou Nguesso était annoncé en France pour être reçu à l’Elysée par son homologue français, Nicolas Sarkozy. Comme cela avait été le cas en mai dernier, lorsque Omar Bongo du Gabon bénéficia de la même faveur, l’organisation non gouvernementale Survie, à laquelle se joint, cette fois-ci, la Fédération des Congolais de la diaspora (Fcd), ne voit pas d’un bon œil cette visite du chef de l’Etat congolais.


Dans leur communiqué daté du 4 juillet, Survie et la Fcd se désolent de ce que le nouveau maître de l’Elysée ne veut pas rompre, comme il l’avait promis, avec les réseaux de la Françafrique et ne veut pas mettre un terme au “système de relations personnalisées ”. Survie et la Fédération des Congolais de la diaspora qualifient cette réception à l’Elysée d’insulte à ses victimes.


Pour étayer leurs propos, Survie et la Fcd rappellent quelques décisions de justice rendues jusqu’ici contre celui qu’ils appellent le tyran des Congolais. Notamment : la raison donnée par la justice française en 2002, à François-Xavier Vershave, alors président de Survie, auteur de Noir silence, livre publié aux éditions Les Arènes, en 2000, et dans lequel il démontrait que Denis Sassou Nguesso était un dictateur, auteur de crimes contre l’humanité ; la raison donnée par la justice américaine en 2006 à un fonds d’investissement lequel démontrait l’ampleur des détournements opérés par le régime Sassou sur les revenus pétroliers ; une décision du parquet de Paris, rendue publique le 19 juin, donnant raison aux associations Survie, Sherpa et la Fcd qui accusent le président congolais de profiter en France de l’argent détourné au Congo, après l’ouverture d’une enquête préliminaire sur son patrimoine immobilier en Île-de-France, etc. L’affaire dite “ des disparus du Beach ”, un massacre perpétré en 2000 sur des civils congolais et pour lequel une instruction judiciaire est en cours en France, est également évoquée.


Selon lesdites associations, en recevant à son tour Sassou Ngueso, Nicolas Sarkozy montre qu’il se soucie peu du curriculum de ce dernier. Un curriculum jugé édifiant sur sa mauvaise personne et les dégâts qu’il cause. D’autant plus que, dans un entretien qu’il a accordé à Jeune Afrique dans son numéro 2391, le président français avouait apprécier Denis Sassou Nguesso. Cependant, ce dernier, quant à lui, reste sur un discours simple, qui s’articule autour du besoin de l’aide internationale pour son pays et des allègements de dette promis aux pays pauvres très endettés.


Survie et la Fcd, qui tiennent à une rupture avec la Françafrique, expriment une crainte : que le potentat dise en substance “à l’hôte de l’Elysée que, si la justice française continue de mettre son nez dans les affaires congolaises, les privilèges accordés aux entreprises françaises pourraient prendre fin”. Ce qui n’exclut donc pas la possibilité que Sassou Nguesso puisse trouver une oreille attentive.


Ainsi, les deux associations, qui condamnent fermement cette visite, estiment que le plus élémentaire respect des droits de l’homme exige que soit déclaré persona non grata dans leur pays tout dictateur arrivé et maintenu au pouvoir par la force et la fraude électorale.

Louis Blaise Ongolo

Par Cyrille TCHAMBA - Publié dans : egalitesplus
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