Les hypocrites de gauche

Publié le par Cyrille TCHAMBA

Il existe, entre les communautés immigrées de France et les Socialistes, une contradiction bien plus profonde qu’on ne le croit, et le ressentiment refait constamment surface au moment des consultations électorales.

Le courroux monte contre les Socialistes qui ont instrumentalisé la question des discriminations, pour faire monter l’extrême droite et affaiblir l’influence de la droite républicaine. Les Socialistes n’ont pas été capables de faire élire un Beur ou un Noir au Parlement.

Courroux contre les Socialistes qui n’ont aucune honte à arranger le parachutage de candidats « pistonnés » dans des circonscriptions où, toutefois, des militants locaux appartenant « aux minorités visibles » auraient leurs chances.

Courroux également, des immigrés qui ne supportent plus le recours paternaliste du PS à l’association « couscous-merguez-makrouds-cornes de gazelles et thé à la menthe », excuse idéale pour flagorner la tolérance et le « vivre ensemble », mais à condition que cela se passe dans les cités, éloignées des lieux où se construisent les carrières politiques, et où se négocient les investitures. Le PS et le mythe associatif immigré : une interminable et sombre chronique.

Pendant des années, aux Beurs et Blacks pressés de se lancer en politique, le PS a dit et répété : « Ce n’est pas le moment, la France n’est pas prête ». Conséquence : c’est un gouvernement de droite qui, le premier, a nommé en son sein des enfants d’immigrés nord-africains. Et actuellement, chose étonnante, il y a vingt ans, c’est la gauche socialiste qui court derrière l’UMP en matière de geste symbolique.

Quand on parle de cette question avec les partisans socialistes qui distribuent les tracts de soutien à Madame Royal dans les marchés dominicaux, on sent bien leur exaspération. « Encore, cette histoire », expriment-ils d’un regards agacé. Rien de surprenant. C’est une posture qui puise sa source dans l’affirmation chimérique subséquente : en matière de lutte contre les discriminations, la gauche n’aurait rien à se reprocher puisqu’elle est la gauche !

L’embarras pour les responsables socialistes, c’est d’avoir manqué d’empathie vis-à-vis des fils et filles d’immigrés. Davantage dramatique, ils ont été coupables de légèreté et c’est cela qui fait enrager de nombreux immigrés. La mode n’est pas au mea culpa des Français qui, quelle que soit leur appartenance politique, sortent les couteaux quand ils entendent parler d’excuses, néanmoins s’il veut regagner le terrain perdu dans les quartiers populaires comme au sein des français issus de l’immigration, le Parti socialiste doit admettre ses égarements, puisqu’en matière d’intégration, son bilan est « indigne» des objectifs qui fondent son existence.

Bien plus que la campagne présidentielle, celle des législatives va être riche en leçons. Au risque d’être traités de communautaristes, soyons très préoccupés par la présence de « minorités visibles » dans les listes de candidats, puis alertes également sur les circonscriptions où ils seront présentés, car envoyer un Black ou un Beur à la défaite dans un scrutin perdu d’avance, est aussi une façon pour les directions des partis politiques de se libérer à bon compte.

Publicité

Publié dans egalitesplus

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article